Editorial de la « Vie en Abondance »

Editorial de la « Vie en Abondance »
(livret édité à 6.000 exemplaires - boîtes aux lettres et entrée des églises)

Le texte a été validé par les 3 membres de l’EAP

Ecclesia semper reformanda : l’Eglise est toujours à réformer ! Cette expression, attribuée à tort à saint Augustin, a été abondamment développée par les réformateurs de la fin du Moyen-Âge et remise au goût du jour par Karl Barth, grand théologien protestant dans les années 1940. La Réforme a été en réalité le moment d’une grande cassure dans l’Eglise ; en plus des guerres de religion qu’elle a entrainées, elle a brisé l’unité de la foi basée sur les sacrements institués par le Christ lui-même. Arrêtons donc d’appeler, plus ou moins fort, à la réforme de l’Eglise !
Si la réforme est à la fois la conséquence d’abus et le signe d’une authentique vitalité, elle est une réalité bien imparfaite au vu de l’histoire des hommes.
Alors, que faut-il pour revenir à l’Evangile ? Certains aspirent à la rénovation, d’autres à la révolution voire même à la reconquête... Tout cela n’est pas chrétien, pas vraiment. Ces mots sont d’ailleurs absents de l’enseignement de Jésus. On s’approche de la réalité biblique quand on s’enracine dans la métanoïa (transformation) chère aux philosophes grecs.
Un peu de courage, allons plus loin et posons le mot : LA CONVERSION.
Cette conversion sera le thème de l’année 2022, en pleine période épidémique. C’est en temps de crise, en temps de ténèbres, en temps de péché, personnel et collectif, qu’il faut nous engager un processus de conversion (sujet cher au Pape François) personnel et communautaire.
La conversion est le thème du Carême 2022 au cours de quatre conférences du Vendredi : + la conversion dans la Bible, thématique fondamentale de tous les livres sacrés qui la constituent et qui trouvent leur apogée dans l’enseignement, la vie et les gestes de Jésus, préparés par la prédication de Jean-Baptiste.
+ la conversion de notre regard, sur l’autre qui peut être différent : l’Abbaye de Pontlevoy, soutenue par les Paroisses de Montrichard, déploie cette année, le projet Stella Maris (Etoile de la Mer, un des titres donnés à Marie, dans les litanies de la Vierge), la création d’une maisonnée pour adolescents et jeunes adultes trisomiques, pleinement insérée dans la vie de l’établissement et des entreprises locales.
+ la figure de grands convertis au cours des âges pour nous faire saisir en profondeur que cela n’arrive pas qu’aux autres... et que Dieu peut venir chercher chacun de nous, quelque soit la pesanteur de ses ténèbres ou de sa médiocrité, pour en faire un être rayonnant de liberté et de sainteté.
+ la nécessité d’une conversion pastorale : il ne s’agit pas d’une réforme de structures (changer les horaires de messe, les spots de la chapelle, le nombre de paniers de quête ou la date des communions), mais d’une mise en marche de tous les membres de la Famille Paroissiale pour devenir des disciples-missionnaires (il n’y a pas d’âge minimum ou maximum pour cela).
La question n’est pas d’abord une énième solution à la crise actuelle de l’Eglise ni même une opération-survie pour des paroisses dont l’avenir n’est pas assuré. Dans cinq années, un certain nombre de paroisses rurales françaises auront en réalité disparu. Il est temps pour nos paroisses, de relever le défi de faire rayonner l’amour du Christ, au prix de sacrifices réels pour laisser naître une autre manière d’accueillir, de célébrer et de témoigner.

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